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Repenser l’Afrique Post-Covid-19

Par Dr. Paul Kananura | Africain.info | dimanche 14 mars 2021
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Vidéoconférence Panafricaine sur le Thème : "Repenser l’Afrique Post Covid 19".
Comment faire pour transformer la sortie de crise en opportunité pour l’Afrique ?
Comment transformer les défis sanitaires de Covid-19 en opportunité de changement de gouvernance dont la crise de Coronavirus est un accélérateur de transformation socioéconomique majeure ?

L’Institut Mandela en partenariat avec l’Ecole Doctorale GAMO (UM5) et le Laboratoire de Recherches et d’Actions Diplomatiques (LaRAD) ont organisé, le 3 mars 2021, une Vidéoconférence Panafricaine sur le Thème : « Repenser l’Afrique Post Covid 19 » avec d’éminents panélistes en la personne de :
 Son Excellence Madame Fatima HARAM ACYL, Vice-Présidente de la Commission de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale),
 Professeur Mohamed HARAKAT, Professeur à l’Université Mohamed V de Rabat, Responsable de l’Ecole Doctorale Gouvernance de l’Afrique et du Moyen-Orient (GAMO),
et sous la modération du Dr. Paul KANANURA, Spécialiste en Politiques publiques, Géopolitique, Sécurité et Gouvernance, Président de l’Institut Mandela.

Suite à l’accueil des Éminents Panelistes et des Participants par Monsieur Lagrange Fidèle SINMENOU AGNANKPE, Fondateur et Directeur Exécutif du Laboratoire de Recherches et d’Actions Diplomatiques (LaRAD), le modérateur Dr. Paul KANANURA, Président de l’Institut Mandela, a introduit le Cycle des Conférences « Repenser la Gouvernance Africaine post-Covid-19 » ainsi : dans un contexte inédit d’une crise singulière de Covid-19, l’Institut Mandela a apporté sa contribution avec des réflexions sur l’impact sanitaire, économique, social et géopolitique de la pandémie sur le continent africain et a donné sa vision de l’Afrique post-crise. Les perspectives de sortie de crise de Covid-19 en Afrique passent inévitablement par une gouvernance résiliente et visionnaire avec des capacités de transformation des systèmes de développement.

La crise sanitaire de Covid-19 a révélé deux défis majeurs :
1. La gestion de crises sanitaires, entre déficience et résilience, a révélé le pilotage à vue avec un manque criant d’anticipation et d’intervention stratégique,
2. La pandémie de la Covid-19 a mis l’économie africaine en état de choc.
Il est temps de réfléchir sur les politiques publiques à adopter pour répondre aux attentes sanitaires, économiques et sociales africaines avec une vision de se poser des questions essentielles de relance économique et de sécurité humaine à l’ensemble du continent : la résilience du secteur informel, le marché du travail, la suffisance et souveraineté alimentaire, la santé publique, les capacités de l’industrie pharmaceutique au niveau national et continental intégrant la pharmacopée africaine.

Comment faire pour transformer la sortie de crise en opportunité pour l’Afrique ?
Comment transformer les défis sanitaires de Covid-19 en opportunité de changement de gouvernance dont la crise de coronavirus est un accélérateur de transformation socioéconomique majeure ? L’après Covid-19 en Afrique est un nouveau challenge pour gouverner, entreprendre et produire autrement avec une vision d’autosuffisance, de puissance et d’influence. Il faudra que la vision de développement continental incarne cette ambition de politique d’indépendance géopolitique et de sécurité stratégique.

Enjeux : endiguer le virus par des mesures médicales et sanitaires.
Défis : la crise a accentué des inégalités déjà très fortes en Afrique avec l’effondrement de la classe moyenne. La relance économique, avec un accent particulier sur l’économie informelle (transformationnelle), l’autonomisation des femmes et l’entreprenariat des jeunes, est nécessaire et stratégique. Le leadership et l’entreprenariat féminins doivent être au cœur des dispositifs de relance économique post-Covid-19 pour envisager une société harmonieuse et paisible.
Perspectives : la réforme en profondeur des institutions panafricaines avec un objectif visionnaire et stratégique de création des Etats Unis d’Afrique. La gestion hésitante de la crise sanitaire de Covid-19 impose un changement des échelles de gouvernance africaine.

Dans son intervention majestueuse, Son Excellence Madame Fatima HARAM ACYL a estimé que la crise sanitaire a révélé deux défis majeurs en termes de capacité d’absolution de choc du système de santé et de gestion des finances publiques. Elle a proposé des solutions et perspectives atteignables :
 rendre le système de santé très attractif pour le personnel médical et les malades ;
 mécanisation de l’agriculture avec l’utilisation efficace et efficiente de banque agricole qui donne la priorité aux femmes et aux jeunes. Ceci nous permettra d’exploiter le secteur primaire qui encore sous exploité, afin d’atteindre, d’une part l’autosuffisance alimentaire et, d’autre part, nourrir le monde entier avec ses 60 % de terres arables inexploitées. Aujourd’hui l’Afrique ne contribue qu’à 4 % de la production mondiale ;
 industrialisation de l’Afrique avec une vision de transformation des matières premières, à travers des parcs industriels à l’exemple de l’Ethiopie. Développer l’industrie, c’est aussi s’appuyer sur le capital humain, notre ressource la plus chère, les hommes et les femmes de ce continent. 60 % de la population a moins de 24 ans. Ceci constitue une formidable opportunité de développement pour favoriser l’innovation et une transformation sociale au travers l’entrepreneuriat qui peut s’appuyer sur une jeunesse créative qui a besoin d’accompagnement. Dans cette perspective, tous les contrats contractés par les pouvoirs publics doivent intégrer la transformation comme une exigence fondamentale ;
 production de certains médicaments essentiels pour faire face à l’urgence des situations épidémiques, tel que décrit dans le plan pharmaceutique de l’Afrique. L’exemple de production de médicament par le Madagascar et des vaccins par l’Algérie, le Maroc et le Nigéria est à suivre. Il s’agit d’une politique continentale de mutualisation et d’optimisation des moyens et compétences pour produire des médicaments essentiels ;
 la ZLECAf (Zone de Libre Echange Continental Africaine) doit aller de paire avec la transformation de nos matières premières et la traçabilité des produits africains. Pour ce faire, il est urgent que l’annexe sur les origines des produits soit finalisée. La ZLECAf est aussi une occasion pour encourager les produits Made in Africa et sensibiliser nos populations pour penser et consommer Africains. Dans cette perspective, il faudra revoir les Accords commerciaux qui ne cadrent plus avec notre développement et vision du marché commun. Ce libre échange doit aussi encourager fortement le mouvement des talents, l’e-santé et l’innovation dans tous les domaines. Enfin, cette ZLECAf est aussi une opportunité pour attirer des entreprises étrangères pour qu’elles viennent s’installer et Produire en Afrique. Ces entreprises trouveront les matières premières nécessaires sur place, une main d’œuvre abordable et un marché de 1.2 milliards de personnes au sein d’un bloc pesant 3 400 milliards de dollars.

Dans son exposé magistral, le Pr Mohamed HARAKAT a insisté sur les constats liés à la crise catastrophique pour les économies Africaines avec un déficit des PIB et les progrès réalisés par la gouvernance des idées axée sur une profondeur géostratégique de l’Afrique. Il a relevé trois risques à maîtriser (management stratégique, maîtrise de gestion des politiques publiques et développement des évaluations d’impacts et d’efficacité) avant de se pencher sur trois scénarios d’émergence de nouveaux biens économiques, de bonheur intérieur brut et de responsabilité de la gouvernance mondiale sans une représentation réelle de l’Afrique. A partir de ces risques et scenarios, il propose des solutions réalistes dont entre autres :
1. la Gouvernance nationale et régionale avec des Etats stratèges et des gouvernements intelligents assumant pleinement la responsabilité sociale (résilience – solidarité - gestion efficace - Prévention),
2. le Réajustement de la Dette Extérieure,
3. la Représentation de l’Afrique au niveau de toutes les Instances Internationales de prise de décision,
4. le Développement d’une nouvelle stratégie de négociation des contrats de développement continental avec une diplomatie économique,
5. Mettre le citoyen africain au cœur de la stratégie de développement de l’Afrique,
6. Développer et assister des PME nationales pour lutter contre le chômage des jeunes et créer des richesses,
7. des Discours de confiance et de mobilisation pour créer des idées et de richesse avec l’intégration des compétences,
8. le Rejet systématique de mentalités de soumission et de subordination de l’étranger en privilégiant des compétences nationales et panafricaines dans un nouvel esprit d’indépendance,
9. la mise en place de politique d’apprentissage collectif des TIC avec la protection des données individuelles, entrepreneuriales et collectives de l’Etat (développement de la sécurisation des données et de l’intelligence économique numérique),
10. la promotion et la consolidation de la bonne gouvernance au niveau local, national, régional et continental avec la rationalisation et la transparence des dépenses dans un esprit de solidarité.

La phase d’interactions modérée par Mr Lagrange Fidèle SINMENOU AGNANKPE, Fondateur et Directeur Exécutif du Laboratoire de Recherches et d’Actions diplomatiques (LaRAD), a souligné l’importance et la nécessité de la volonté politique dans la proposition et l’application des mécanismes continentaux qui protégeront le citoyen africain. La crise libère des énergies pour trouver des opportunités. Il faudra proposer et mettre en place des politiques publiques sensibles au genre et à la jeunesse (qu’il faudra désormais considérer comme des partenaires) dans les prises de décisions afin de développer une culture de la paix et de la stabilité pour le développement vivable. Notre profonde conviction est que l’Afrique doit reconstruire son identité et reprendre en main son avenir. Dans cette perspective, il s’agira de concilier une vision stratégique avec de nouvelles organisations institutionnelles, le développement de démocratie (et ou représentativité) inclusive dans un esprit d’épanouissement des Africains sans soumission ni subordination à l’étranger.

Le cycle de réflexion va continuer avec des prochaines Vidéoconférences Panafricaines sur de nouvelles thématiques suivantes :
1. Repenser le Système Africain de Santé et d’Acquisition des Médicaments (pour ne plus subir la restriction des médicaments essentiels) le 30 mars 2021.
2. Repenser la Diplomatie Nationale dans une vision Panafricaine (pour éviter des politiques et influences géopolitiques contre-productives) en avril 2021.
3. Repenser la place des femmes et des jeunes en Afrique Post-Covid-19 (faire des femmes et des jeunes la force motrice de la relance économique et de l’émergence africaine) en mai 2021.
4. Repenser les enjeux du pouvoir en Afrique avec une vision inclusive de rajeunissement et de féminisation de pouvoirs décisionnaires en juin 2021.
Vos propositions d’intervention sont les bienvenues.

Ce Cycle des Conférences prend racine dans la 4ème contribution de l’Institut Mandela « Repenser la Gouvernance Africaine post-Covid-19 » qui esquisse les fondements d’une nouvelle gouvernance africaine basée sur des principes d’Africanisation de la Démocratie :
1. Restaurer les valeurs de la vérité des sociétés pour la justice de base des villages et communautés ;
2. Contrat social des peuples africains avec la décentralisation territoriale communautaire des valeurs et territoires ;
3. Gouvernance étatique et régionale de développement inclusif ;
4. Souveraineté continentale avec des institutions fédérales démocratiques et représentatives.

Nous terminons avec l’appréciation d’un Participant, Diplomate Tunisien en poste à la Mission Diplomatique Tunisienne à Paris « Merci beaucoup pour les organisateurs, intervenants et panelistes pour cette riche conférence si importante qui a mis en exergue une nouvelle vision pleine d’opportunités pour notre cher Continent l’Afrique ».

Dr. Paul Kananura
Président de l’Institut Mandela

 

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