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CAMEROUN : Procès des militaires accusés de massacre de 23 civils

Par Chef Aby | Africain.info | vendredi 12 juin 2020
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Les présumés responsables des horribles tueries de Ngarbuh, un village de la partie anglophone du Cameroun, au cœur de la nuit du 14 février dernier, sont devant la barre, pour répondre des accusations qui pèsent sur eux. Ils sont trois militaires de l’armée camerounaise. La toute première audience du procès s’est ouverte au Tribunal militaire à Yaoundé, cette semaine.

C’est sous la pression de la presse locale, de l’ONU et des organismes internationaux des droits de l’homme, que les autorités de Yaoundé, ont finalement créé une commission d’enquête, qui a reconnu la responsabilité des soldats camerounais dans le massacre de Ngarbuh, un village de Ntumbaw, dans la région du Nord-Ouest, au Cameroun, qui avait fait un bilan de 23 civils morts calcinés, dont des femmes enceintes et des enfants, avec plusieurs maisons et biens incendiés, lors des combats avec des séparatistes anglophones.

DES MILITAIRES INCULPES, LEURS CHEFS DISCULPES
Le Sergent Baba Guida, le Gendarme Sanding Sanding Cyrille, le Soldat de 1ère classe Haranga Gilbert, Maxwell Tata Nfor allias Bullet et une quinzaine de membres du comité de vigilance, sont donc devant la barre depuis mercredi, inculpés pour violations de consignes, assassinats en groupe armé et destructions des biens en coaction. Le gouvernement camerounais avait promis dans un communiqué publié par la Présidence de la République, le 22 Avril denier que, « les militaires impliqués dans les tueries du 14 février 2020 dans le département du Donga Mantung, seront poursuivis en justice  ». C’est désormais chose faite. Ils ont été identifiés, interpellés, inculpés traduits en justice et placés en détention préventive. Mais sur le banc des accusés, l’opinion et les ONG de droits de l’homme réclament les commanditaires, les hauts gradés de l’armée, en charge des opérations dans la zone, qui auraient été savamment disculpés par l’enquête.

LE POUVOIR PASSE AUX AVEUX
C’est un rapport de Human Rights Watch (HRW), qui avait commencé à mettre en cause le Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) de l’armée camerounaise et une milice peule, dans l’horrible tuerie de 23 civils, dont 13 enfants, à Ngarbuh au milieu de la nuit du 14 février dernier. Il faut rappeler que c’est depuis bientôt trois années, que cette partie anglophone du Cameroun où se trouve le village Ngarbuh est en proie à un conflit particulièrement sanglant, entre l’armée nationale et la branche armée des sécessionnistes, qui revendique la partition du pays avec à la clé l’indépendance des deux régions anglophones, les baptisant : Etat d’Ambazonie. Les autorités de Yaoundé avaient dans un premier temps nié la survenance d’un tel massacre sur son territoire national. Puis, est revenu pour « passer aux aveux », en précisant toutefois que, c’était juste un « incident malheureux qui n’a fait que 5 morts ». Le rapport accablant de HRW, avec toute sa pertinence, la concordance des témoignages et des images satellites, a été fortement relayé par la presse nationale et internationale ainsi que des réseaux sociaux. Le pouvoir de Yaoundé avait alors mobilisé quatre de ses ministres, pour défende farouchement son armée et expliquer sa version des faits, selon laquelle : « …c’est suite aux échanges de coups de feu avec les rebelles séparatistes, que l’explosion des conteneurs de carburant a provoqué l’incendie qui a fait 5 morts parmi des civils », sans pour autant arriver à convaincre qui que ce soit.

DE GRANDS DEBALLAGES EN PERSPECTIVE
Sous une très forte pression avec des mobilisations tant à l’intérieur du pays que hors des frontières nationales, le président camerounais, Paul Biya, devait créer une commission d’enquête, constituée au deux tiers, des personnes reconnues par leur neutralité. C’est finalement le 22 avril que la Présidence de la République, faisant référence au rapport final de la commission d’enquête, a reconnu que ce sont des militaires de l’armée nationale qui avaient perpétré les assassinats de Ngarbuh, avec la complicité d’un groupe de vigilance local.
Le premier jour de l’audience de cette affaire criminelle, au Tribunal militaire de Yaoundé, a été juste consacré aux dispositions préliminaires, avant les débats au fond qui auront lieu pendant des autres audiences. Selon des indiscrétions des avocats de l’accusation, les inculpés n’acceptent pas d’être livrés seuls à la justice, sans leurs donneurs d’ordres, ils promettent d’ores et déjà des grands déballages, lors du procès.

CHEF ABY

 
 
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