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Fraudes électorales : Cabral Libii démonte le système électoral camerounais devant une haut commissaire de l’ONU

Par Chef Aby | Africain.info | vendredi 10 mai 2019
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Selon un communiqué rendu public par la Porte-parole du Mouvement 11 millions de Citoyens, la rencontre entre le coordonnateur de ce nouveau-né des formations politiques du Cameroun, Monsieur Libii Li Ngué Cabral dit Cabral Libii et la Haut Commissaire des Nations-unies aux droits de l’Homme, Michelle BACHELET, samedi dernier lors de la visite de cette diplomate au Cameroun, a été l’occasion d’exposer les insuffisances criardes du code électoral en vigueur au Cameroun.

L’absence des pouvoirs de la structure chargé d’organisation des élections (ELECAM) sur le processus électoral, l’absence d’un contentieux sur le résultat des élections, la paralysie du droit de vote et des droits politiques au Cameroun, la question anglophone, les persécutions contre les leaders politiques…, tels sont des sujets que Cabral LIBII a abordé avec forte démonstration, comme nous informe Madame Noah Biloa Anne Féconde, son porte-parole.

Sur l’absence des pouvoirs d’Elecam sur le processus électoral, Cabral Libii, arrivé troisième au classement officiel de la dernière élection présidentielle au Cameroun, a indiqué à l’attention de Madame BACHELET, ancienne Présidente du Chili, venue au Cameroun pour une mission de travail en sa qualité de Haut Commissaire des Nations-unies aux droits de l’Homme, que « …Elecam ne dispose d’aucun pouvoir dans le suivi du scrutin au Cameroun. Cet organe présenté à tort comme indépendant, chargé de garantir la transparence des élections, est en réalité une simple commission de la logistique »

Cabral va plus loin en faisant remarquer que la lecture de l’article n° 49 du code électoral au Cameroun, donne de relever que « Elecam est juste chargé de créer les bureaux de vote, mettre à la disposition des bureaux de vote les urnes, les transporter, affecter les scrutateurs, recruter des prestataires pour imprimer les bulletins des différents candidats, acheter les enveloppes, les registres, l’encre pour les empreintes. L’essentiel du scrutin, c’est-à-dire, la computation des votes, est de la compétence des commissions mixtes électorales dirigées par des magistrats fonctionnaires entourés d’ un grand nombre de fonctionnaires du Ministère de l’administration territoriale dont la carrière administrative dépend de la signature du Président de la République, par ailleurs, candidat à l’élection présidentielle ou dont les membres du parti qu’il dirige, sont candidats aux autres élections ». Après ce constat amer, Cabral LIBII souhaite en conclusion que pour une réelle transparence électorale, on doit dissoudre les commissions électorales mixtes, afin de laisser Elecam jouer son rôle, comme le prévoit le code électoral en son article n° 4 : « Elections Cameroon est un organisme indépendant chargé de l’organisation, de la gestion et de la supervision de l’ensemble du processus électoral et référendaire ».

A propos de l’absence d’un contentieux sur les résultats des élections au Cameroun, le coordonnateur du Mouvement 11 millions de Citoyens soutient que contrairement à la majorité de pays africains comme la RD Congo, qui dispose des organes indépendants chargé des élections, il n’existe pas de contentieux sur les résultats des élections au Cameroun. Dans ces pays, c’est l’organisme chargé des élections qui comptabilise les résultats, les proclame publiquement et dès cet instant, les contestations sont ouvertes aux candidats frustrés.

Les parties ou les candidats qui contestent les résultats provisoires saisissent la juridiction constitutionnelle, qui statue en audience publique. Et c’est seulement à l’issue de ces audiences que les résultats définitifs sont proclamés en audience solennelle de la juridiction constitutionnelle. Ainsi devant la juridiction constitutionnelle la possibilité est donnée de confronter les procès-verbaux des candidats qui font des recours, avec les résultats comptabilisés par l’organe en charge des élections.

Cabral Libii a fait comprendre à la Diplomate des Nations-unies, Michelle BACHELET qu’au Cameroun, « …les résultats des différents bureaux de votes sont comptabilisés par les commissions mixtes départementales, dirigées par des fonctionnaires, puis acheminés à la commission nationale des votes, à la tête de laquelle se trouve un magistrat du conseil constitutionnel, assisté des fonctionnaires de l’administration territoriale ou désignés par elle. Après comptabilisation générale des résultats en interne au sein de la commission nationale de recensement des votes, sans que leur travail soit rendu public, les résultats sont acheminés discrètement au conseil constitutionnel, qui les lit en audience publique solennelle, sans aucune possibilité de les contester matériellement ». Une véritable fourberie, et il a ajouté qu’en l’absence d’une proclamation des résultats provisoires : « les partis politiques n’ont aucune possibilité pour défendre leurs votes tels qu’ils en ressortent des procès-verbaux en leur possession généralement ultérieure aux 72 heures impartis pour introduire le contentieux ».

Le Coordonnateur Général du Mouvement 11 millions de Citoyens a conclu sur ce point en recommandant vivement qu’« il devrait revenir à Elecam de comptabiliser les résultats, les proclamer provisoirement et que le contentieux au niveau du conseil constitutionnel puisse porter non seulement sur la régularité des opérations de votes, allant de l’inscription sur les listes électorales, au scrutin proprement dit, mais aussi, sur la contestation des résultats provisoires donnés par ELECAM ».

S’agissant de la paralysie du droit de vote et des droits politiques au Cameroun, Cabral LIBIIa évoqué les actions néfastes des pouvoirs publics visant à atténuer le fort engouement des populations camerounaises à participer au choix de ses dirigeants. Madame Bachelet est d’ailleurs revenue sur ce point lors de son propos de clôture. Fort de sa présence permanente sur le terrain depuis plus de 2 ans, à travers la visite des quartiers, villages, villes et régions du pays, Cabral LIBII fait le constat que « le camerounais lambda souhaite participer à la vie politique de son pays. Mais de façon cynique, les tenants du pouvoirs veulent l’en décourager par la mise en place des mécanismes tels le verrouillage du système électoral, les violations systématiques des libertés associatives et syndicales par l’interdiction des réunions et autres manifestations publiques, quand elles ne sont pas celles du parti au pouvoir, la concentration de tous les pouvoirs entre les mains des gouvernants sourds à la volonté populaire, la menace permanente de représailles lorsqu’un citoyen, désireux de participer à la construction du pays, venait à émettre un avis contraire à celui du président de la république, de ses soutiens ou de son parti politique… ». Le jeune homme politique a insisté sur la protection du droit de participer aux élections, sur l’urgence de donner un contenu légal à la notion d’« ordre public » et de limiter la garde à vue administrative au Cameroun.

Sur la question anglophone, le leader du Mouvement 11 millions de Citoyens, a indiqué que l’escalade de la crise anglophone, est encouragée de manière ponctuelle par le refus des pouvoirs publics de laisser la société civile participer à la résolution du conflit, à travers un dialogue inclusif. Selon lui, « Cette crise anglophone trouve un champ fertile aussi du fait de la centralisation et la conservation excessives du pouvoir ». D’où son appel une fois de plus, à la « libération des détenus et plus spécifiquement des leaders légitimes tels Ngalim Felix et Mancho Bibixy, disposés à travailler pour la sortie de crise, à une véritable régionalisation donnant une vraie autonomie de gestion aux populations dans des domaines spécifiques ». Néanmoins, il a rappelé que « …toute démarche de paix commandait que les groupes armés, déposent également des armes ».

La porte parole du Mouvement 11 millions de Citoyens, Madame Noah Biloa Anne Féconde, nous apprend également qu’une fenêtre a été ouverte lors de cette audience, sur les persécutions dont sont particulièrement victimes leur formation politique et ses responsables. Madame la Haut Commissaire des Nations-unies aux droits de l’homme, qui a écouté plusieurs autres hommes politiques, des acteurs de la société civile, des organismes locaux des droits de l’homme, des membres du Gouvernement et une audience au palais présidentielle, est repartie bien empli d’informations sur le pays que dirige Paul Biya sans partage, depuis le 6 novembre 1982. C’est peut-être ce qui aura motivé la programmation d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU pour le 13 Mai prochain, afin de statuer sur la situation du Cameroun.

CHEF ABY



 
 
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